Dernière étape : les données biométriques à Paris

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Nous entamons la dernière phase de notre demande de PVT Canada, j’ai nommé les données biométriques.

Nous voilà donc parties à Paris pour les faire, Amandine pouvant fièrement brandir son pass sanitaire que Malte a enfin daigné lui donner – non sans écorcher son prénom, son deuxième prénom, son nom et son deuxième nom. Je suis donc en couple avec Amandione Justin. Enchantée.

On rembobine : le départ de Malte

Avant cette journée parisienne, nous avons définitivement quitté Malte et ses chats errants à un oeil, sa chaleur de tous les instants et nos poules du jardin d’en face. Non sans une petite larmichette (ou deux) pour ma part quand il s’est agit de dire au revoir à Sheyla, mon amie espagnole – entre un avocado toast et un Carrot cake mascarpone café, on ne se refait pas.

Les valises ont été bouclées avec peine. Billets achetés avec 2 bagages en soute pour emporter tout ce qu’il y a de plus essentiel : chaussures qu’on n’a jamais portées, vêtements qu’on avait oubliés, 36 tasses et mugs et tous les livres qu’on n’a pas eu et qu’on aura jamais le temps de lire. On a eu une petite frayeur au sujet du poids, qui pour nous dépassait facilement de 5/6 kg les 20kg autorisés. Mais finalement, on s’est vite rendues compte à l’aéroport qu’on n’arrivait tout simplement pas à soulever 15 petits kilos. Aïe. La quarantaine de 19 jours et l’arrêt du sport ont fait mal. Résolution numéro 1 : faire du sport au Canada – entre trois bagels, une poutine en accompagnement et deux pancakes au sirop d’érable.

Le 31 août, je quitte donc le caillou maltais, suivie par Amandine – pardon, Amandione Justin – le dimanche 5 septembre.

Le rendez-vous impossible

A savoir, nous avions prévu de faire nos données biométriques le 8 septembre. Amandine revenant plus tôt en France, j’ai eu la mauvaise idée de vouloir changer la date au 6 septembre – quand on peut gagner deux jours sur un PVT Canada, on saisit sa chance.
Que n’ai-je pas fait comme demande insurmontable ! J’en conclue que modifier un rendez-vous est une procédure extrêmement complexe. J’ai d’abord voulu appeler le call center. Je suis accueillie au téléphone par un jeune homme plein d’ambition, que toute personne rêverait d’avoir dans son équipe. Après quelques questions et après avoir compris ma demande, sa réponse a été on ne peut plus directe : il m’a raccroché au nez. Tout simplement. Simple fausse manipulation ai-je pensé. Ah. Ah. Ah. Que je suis crédule parfois. J’appelle une seconde fois. Second jeune homme fort investi et professionnel. Celui-ci a fait durer le suspens un peu plus longtemps, il a raccroché à mon petit nez au bout de 3 min versus 2min50 pour le premier. Chapeau bas messieurs.

J’ai fini par leur écrire des emails pour demander le changement, me disant que toutes ces informations très complexes seront plus faciles à comprendre si elles étaient écrites. Encore une fois, grosse erreur. J’ai reçu environ 4 rendez-vous et références différentes, mais toujours en décalé avec Amandine. Elle serait donc censée aller à Paris le 6 septembre et moi le 8, puis le 8 pour elle et moi le 7 pour finir par le 15. Avec tout ça, si on n’a pas notre visa, je n’y comprends plus rien.
Bref, on a décidé d’y aller le 6 septembre.

Une journée express à Paris

Étant déjà à Bordeaux avec Alice (la soeur d’Amandine) et mes copains, nous avons souhaité partir tous ensemble pour une folle journée biométries dans la capitale française, cocorico.
Notre Ouigo nous attend tout frais et pimpant à 8h55 tapantes, à la gare de notre belle Bordeaux. Et nous, valises sous les yeux et marques de l’oreiller sur la joue, on est sur le pont. Enfin sur le quai. Enfin vous voyez.Le trajet passe à grande vitesse – à jouer au Uno et à un escape game, ça va tout de suite plus vite. Oui on a 30 ans, et alors ?
Arrivés à la gare Montparnasse, notre mission numéro une est capitale : manger. Nous décidons donc de nous rendre à Clichy en métro. Non pas que l’idée nous est venue toute seule, mais il faut croire que les loyers sont bien plus abordables pour VFS global à Clichy qu’à Paris intra-muros. On doit donc s’y rendre, la boule au ventre en pensant au sketch de Gad Elmaleh et de ses dealers place Clichy.

Les touristes

Nous prenons donc le métro pour cette destination pleine de promesses. Enfin, une fois qu’Amandione Justin a bien voulu comprendre le fonctionnement du métropolitain. « Chou, c’est pas le bon endroit pour mettre ton ticket, ici c’est la sortie. » Rien à faire, elle reste bloquée. « Chou, c’était la fente d’avant, la machine ne va pas prendre ton ticket ici et les portes encore moins s’ouvrir. » En deux secondes elle a réussi à tagguer TOURISTES en rouge sur notre front à tous.
Nous trouvons un super bistrot où manger, qui fait bien dans le cliché parisien. Ça tombe bien, on n’attend que ça avec Amandione Justin. Et je ne vous raconterai pas l’extase et le bonheur sur nos têtes quand le serveur nous a servi la corbeille de pain frais, le verre de vin rouge et les œufs mimosa, avec la salade parisienne. Dignité zéro, Alice et les copains nous regardent comme s’ils voyaient un caribou dans les rues de Paris : la bouche ouverte, le regard perdu, stoppés comme dans une partie de Un Deux Trois Soleil. Oui on est en manque, j’assume !

Le rendez-vous des données

Nous partons faire nos données biométriques avec Amandione : 30 secondes pour entrer dans le bâtiment. 30 secondes pour s’enregistrer. 1 min pour faire les empreintes. Basta. Considérant que les biométries coûtent plus de 80 dollars dans le prix du PVT, ce sont les 2 min les plus chères de ma vie.

Petite visite de Paris en parallèle

La bonne nouvelle, c’est qu’on a toute l’après midi pour faire nos vrais touristes. Jardin du Luxembourg, Panthéon et Trocadéro : combi gagnante. Fin de la journée, j’ai les pieds qui traînent et les doigts de pieds qui ne forment plus qu’un, je connais le métro par cœur et mes paupières se ferment toutes seules. Nous arrivons à la gare pour prendre notre train.
Et puisqu’une journée ne peut pas se finir sans rebondissements avec ma chère compagne : notre train a 2h de retard, comme tous les autres en gare ce jour, pour cause d’accident grave sur la voie.
Nous voilà donc à 23h, encore en route vers Bordeaux, au beau milieu de la campagne française. On fait moins les fiers, on ressemble à des morses échoués sur une plage. Le silence est audible. Clap de fin pour les trentenaires, KO technique.
En tout cas, on aura fait nos biométries ! Maintenant… bah, on attend. Et vous, ça va ?

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