Les dernières étapes du PVT Canada

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Demandez-moi comment je vais, je vous répondrais PLANNING avec des yeux injectés de sang.

C’est simple, j’ai l’impression d’être devenue la secrétaire de ma propre vie. Je passe mes journées à pianoter sur mon clavier, à faire des plannings, à prendre des rendez-vous, à anticiper les futures étapes et à littéralement tout prévoir. La fumée me sort par les oreilles, par le nez et par… on va s’arrêter là pour les détails.

Je suis un véritable robot. J’ai développé des tendinites aux deux poignets et de l’arthrose à toutes mes phalanges, j’ai les yeux qui se disent au revoir et mon dos qui me supplie d’aller au spa.

Organiser son départ de Malte, ses dernières semaines en France et s’occuper du visa Canada en même temps, le tout en 4 minutes et demi, c’est quelque chose. Il est à qui ce bélier de l’impatience qui a foncé au loin, sans penser à la mise en pratique de son projet ? Oups. Amandine, pourquoi tu ne l’as pas retenu ?

Heureusement qu’on a des moments de pur plaisir pour nos derniers jours à Malte : sunset cruise avec les amis, snorkeling, plages et sessions ménage de l’appartement avant départ. Le dernier étant le plus fun de tous.

Des rêves en Picasso

J’ai dû faire 368 rêves du Canada. On ne parle pas des rêves où tout va bien, où je cours les cheveux au vent en dévalant le Mont Tremblant. Non. On parle ici des rêves qui n’ont aucune logique. Comme de pleurer d’incompréhension parce que le temps Montréalais passe de +35°C à -40°C en l’espace d’une journée. Ou d’être fille aupair dans une famille canadienne à m’occuper de deux gosses atroces qui ont des parents châtelains, et qui doivent suivre leurs cours avec un professeur particulier de 21h à 6h du matin. Enfin des trucs chouettes quoi, sensés et tout à fait sains d’esprit.

Je pense qu’une mise au point avec mon cerveau s’impose : non, des variations de températures aussi extrêmes ne sont pas possibles et non, en aucun cas je ne m’occuperais de petites choses hurlantes à 2 pattes. Trop d’informations, je vais court-circuiter je vous préviens. En attendant ma guérison, c’est Amandine qui déguste la nuit quand je parle dans mon sommeil, ou le matin quand je lui raconte le scénario complet de mes rêves loufoques, avec intro développement conclusion.

La réception de l’invitation

Bref, j’ai beau avoir perdu 3 vertèbres et 5 phalanges, le résultat est là : une semaine et 1 petit jour après avoir envoyé notre belle lettre d’embauche, nous avons reçu notre invitation officielle à présenter une demande de visa. Alors que l’on s’attendait à devoir patienter et à retenir les cornes de mon bélier de l’impatience durant plusieurs semaines, voilà que je peux lâcher la bête jusqu’à la prochaine étape !

Une grosse danse de la joie (ou de la honte) plus tard, nous voilà plongées dans le détail des documents demandés par le service d’immigration. Certificat de police, détails sur la famille, photo d’identité, passeport, CV, expériences professionnelles détaillées… Clairement, j’ai l’impression qu’on passe ma vie au scanner. Quoi, on ne peut pas immigrer au Canada si on a tué quelqu’un ? C’est scandaleux !

Le casier judiciaire

Notons tout d’abord que nous sommes des filles de bonne conduite. Enfin presque.

C’est vrai que les débuts d’Amandine à Malte ont été un peu chaotiques niveau adaptation à la conduite à gauche. J’ai commencé à voir tous les mojitos de ma vie défiler devant mes yeux quand elle a un jour pris une route à contre sens, tout naturellement. Sans grand étonnement, on a vu les gyrophares de la police maltaise s’allumer derrière nous. Avec un peu plus d’étonnement cette fois-ci, j’ai entendu Amandine, toute crispée au volant, me dire « je fais quoi ? Je m’arrête ou je continue ? » Non mais vas-y Chou, un petit délit de fuite c’est ce qu’il manquait à ma vie. Fonce, on va les fumer avec notre voiture électrique de location ! Dites-moi ce que je peux en faire de cette conjointe ? Je suis ouverte à toute proposition. Ceci est un SOS.

Elle a daigné s’arrêter, non sans me regarder avec des gros yeux paniqués, l’air de dire « Je ne comprends rien à ce que dit le Monsieur et en plus j’ai fait une bêtise, à l’aide ». Aucune charge n’a donc été retenue contre elle. Merci, au revoir.

Les cafards

Fort heureusement de mon côté, la police maltaise n’a pas indiqué sur mon casier judiciaire « serial killeuse de cafards ». Elle aurait pu. Je l’avoue. Je compte me repentir dès mon arrivée au Canada.

C’est-à-dire qu’à Malte, vous voyez plus de cafards que d’araignées dans votre appartement. La faute à l’humidité. Au quotidien, ça donne quoi ? De beaux cafards plus ou moins gros qui sortent d’un endroit gardé secret dans ta salle de bain, uniquement connu des big boss cafardiens.  Tu as beau chercher toutes les ouvertures possibles, toutes les fissures… rien n’y fait. Ils sont toujours là, et apparaissent de nulle part comme par magie. J’ai l’impression que ma salle de bain est un remake de la gare 9 3/4 -Harry Potter pour les incultes-. Et ils poussent la provocation jusqu’à courir le long de ton mur pour te dire coucou par le miroir quand tu te brosses les dents.

A côté, ta copine…

Amandine Justine : au quotidien, elle fait croire à tout le monde qu’il ne faut pas la chercher. Sa réaction à la vue de cette blatte aux 36 antennes ? Elle saute sur le lit et hurle comme une princesse qui s’est cassé un ongle. Merci, on repassera pour le soutien.

Bref, j’ai donc demandé mon certificat à la Polizija maltaise, qui me l’a envoyé en bonne et due forme : beau papier cartonné rose, estampillé POLIZIJA TA’MALTA. La classe. Ou pas.

ReCoucou la poisse

Au tour d’Amandine, qui demande le sien… COUCOU C’EST MOI ! Mais jamais elle ne prend des congés celle-là ? Donc, Amandine, pleine de bonne volonté, demande son certificat en ligne. Réponse : refus total. Non pas parce qu’elle a tué des cafards – non, ça, elle me laisse le trophée – mais parce qu’elle n’a pas sa carte de résident active (au moment de la demande). On refait la demande, avec son passeport. Quelques jours plus tard, nous recevons le courrier officiel de la police. Moi, qui ose avoir toute foi en l’administration maltaise – erreur, grosse erreur–, je ne vérifie pas ce document.

Je décide de ne mettre mon nez dedans qu’au moment fatidique de l’envoi de tous les documents à l’immigration canadienne. Et ce que je découvre me crée un mini AVC. En toute logique, elle aurait dû recevoir le même document que moi, c’est la même demande. Que nenni ! Ils ont dû se dire « Oui mais non, là c’est Amandine Justine, il faut quand même marquer le coup ».

Bingo

Qu’est-ce qu’Amandine a reçu ? Une DEMIE feuille blanche, tellement fine qu’on peut se voir à travers et qui se déchire à la moindre petite brise. Pas d’entête. Son nom, son prénom, quelques infos vite fait pêle-mêle, le tampon et basta. Une demie-feuille. C’est tout. Quand moi j’ai eu une grande et belle feuille cartonnée, en couleur avec entête et tutti quanti. Pour la même demande. C’est vrai que le service d’immigration ne va jamais se demander pourquoi l’une a un certificat officiel et l’autre un bout de papier long comme mon majeur –vous noterez le message que je veux faire passer -, transparent avec un petit tampon.

Evidemment, après maintes tentatives d’obtenir le même document que moi, on s’est faite bannir du service. Numéro bloqué. Soit, envoyons le document comme ça, ils n’y verront que du feu.

Documents envoyés, avec un peu de pression

Après avoir pressé Amandine comme jamais à faire tous les documents au plus vite, à s’y mettre à la minute suivant sa débauche, à la réveiller juste après qu’elle se soit endormie « hé hé Chou (je vous mets dans la confidence de notre couple, dignité zéro.), hé hé tu dors ? Tu crois qu’on va vraiment pouvoir partir le 20 septembre et avoir notre LI à temps ? », à faire des calculs de x par y moins la racine carrée de dièse pour connaître les probabilités de dates pour les données biométriques et les lieux possibles pour nous… nous avons tout envoyé dans les temps. Et à peine 2 jours plus tard, nous recevons officiellement la lettre pour notre dernière étape : le go pour faire nos données biométriques !

Les données biométriques

Pour partir au Canada, nous devons laisser nos empreintes dans un fichier officiel détenu par le Canada. Evidemment, ce ne serait pas drôle si on pouvait le faire dans n’importe quelle mairie du monde. Aux alentours de chez nous à Malte, pas le choix, il faut impérativement sortir du territoire : Rome, Berlin, Madrid, Paris ou Lyon.

On aurait pu faire un aller-retour rapidos en Italie ou en Allemagne, revenir à Malte et attendre patiemment notre LI, l’esprit serein. C’est sans compter Madame la poissarde Amandine et sa vaccination de l’enfer. Bingo, tant qu’elle n’est pas vaccinée à 100% et que les 14 jours ne sont pas passés, elle ne sera pas autorisée à revenir à Malte sans une bonne quarantaine des familles. Autant vous dire que passer ses deux dernières semaines à Malte en quarantaine devant les poules et le papi torse-nu du jardin d’en face, merci mais non merci.

On attend…

Nous voilà donc dans l’obligation de prendre un rendez-vous en France à notre départ de Malte. Rendez-vous fixé le 8 septembre à Paris, sur le site VFS Global. Pour un départ le 20 septembre. Ah oui, j’ai oublié de vous dire. Dans notre folie passagère, on a acheté les billets d’avion. C’est grave docteur ?

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