Les résultats d’entretien

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Voici l’heure du verdict. Après plusieurs jours d’attente et de stress intense à perdre la moitié de notre masse capillaire… nous avons eu notre entretien !

S, la fondatrice (elle a un vrai prénom derrière ça je vous assure), nous accueille donc en visio avec un grand sourire québécois et sa joie communicative. Mon cœur fait des loopings jusqu’à ma glotte -c’est charmant- et je vois Amandine se triturer les ongles qu’elle n’a pas, le stress lui faisant oublier qu’elle a le droit de sourire.

La sentence tombe : nous avons toutes les deux un job ! Ce n’est plus des loopings que mon cœur fait mais du saut à l’élastique depuis la lune. Nous avons un job au Canada ! Incroyable, impensable, irréel ! Je serai donc coordonnatrice à la mobilité internationale et elle, assistante RH. Maintenant, les choses deviennent sérieuses !

L’entretien ! – Faites-là sourire…

On s’emballe…

La chance que l’on a, c’est que l’entreprise est patiente concernant notre embauche. Elle sait qu’obtenir un PVT peut être plus ou moins long. Alors on fixe une date estimée de début de contrat au…4 octobre 2021. Quoi ?! 4 octobre ? Mais c’est demain ! Il ne m’en faut pas plus, je décolle de mon siège, ce n’est plus uniquement mon coeur qui fait des bonds mais tous mes organes vitaux. Ma glotte est en joie. Trop d’émotions. Je vais finir par faire un crash interne je vous préviens. Et comme j’aime le feu et les situations compliquées il faut croire, on décide aussi de partir aux alentours du 20 septembre pour avoir le temps de nous installer et de visiter un peu les environs. Vous avez bien entendu, dans un mois et demi, rien que ça.

On est toutes les trois pleines d’ambition (oui, oui, même S). C’est simple, on s’y voit déjà ! On parle de tout, comme si on était sur place. Depuis les quartiers des « Maudits Français » à éviter, en passant par les restaurants et bars du coin – je vous avais dit que mon addiction aux restos était contagieuse ? -, aux vêtements à privilégier pour éviter de perdre notre nez, jusqu’aux marques de sirop d’érable à privilégier. J’exagère le trait (ou aurais-je du demander pour le sirop d’érable ?), mais bref, on se fait le dessin de notre vie montréalaise, sans pression.

Maudits Français !

On en vient aussi très vite à évoquer les quartiers à recommander à Montréal.

S nous parle des Français et de leur façon de vivre ici au Québec. Elle qui a l’habitude de gérer l’immigration des internationaux au Canada, elle en a vu passer des perles des Français. Du « pourrais-tu me faire une fausse déclaration d’embauche pour que j’aie mon visa, mais juste pour info, je ne compte pas bosser chez toi » au « je veux de la crème fraîche, tu peux me dire où en trouver ? ».

Et je la comprends. Moi qui ai l’habitude de gérer les Français nouvellement arrivés à Malte avec ma sœur et mon beau-frère (leur boîte c’est Oh My UP pour les curieux !), je confirme que leur attachement à la crème fraîche est plus important que l’envie de découvrir une poutine dégoulinante de sauce brune. C’est comme un package : Français = crème fraîche.

Et nous on veut à tout prix s’éloigner de cette mentalité ! Si on part, c’est pour s’adapter à la culture locale, pas l’inverse. Autant rester avec mes crêpes et mes salicornes au milieu des militants pour l’entrée de la Loire Atlantique dans la Bretagne si je ne compte pas m’adapter. Non, moi je vais m’en bouffer des poutines, des bagels, des hot dogs et des pancakes au sirop d’érable. Et tant pis si je ne rentre plus dans mes pantalons, je me vêtirai de couvertures de survie antifroid. Ça protège et c’est flexible.

Les doigts dans le nez

Je commence à préparer le planning des semaines à venir. Notre vie jusqu’à notre départ ? C’est simple : restaurants, bars, sorties, copains, famille, découverte de Malte à 500%. Bref, tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire en 3 ans sur l’île, à insérer dans un calendrier de 3 semaines. Fa-cile.

Il suffit d’avoir le bon timing :

18h : Amandine finit le boulot

18h03 : séance de sport

18h05 : fin de la séance de sport

18h07 : apéro visio avec les copains de France

18h15 : happy hour avec la sœur

18h30 : nouveau restaurant avec l’amie espagnole

19h…20h….21h…37h50… : cocktailS post resto avec la pote néérlandaise

6h30, J+1 : coucher des guerrières, en PLS

6h35 : réveil, la journée de travail commence.

Et on recommence. Quoi ? Un lunch au nouveau café d’en bas ? J’arrive !

Coucou la panique

Et pour mieux planifier le temps qu’il reste et coordonner tout ça, je demande les retours d’expérience de ceux qui sont en pleines démarches PVT et de ceux qui sont déjà au Canada…. Je vous demande une chose : pourquoi me suis-je fais autant de mal ? Dites-moi ?

Je lis alors des « mon dieu c’est un cauchemar », des « après deux ans d’attente, j’ai enfin eu mon PVT ! » ou encore des « courage, c’est très long et on s’arrache les cheveux, mais ça en vaut la peine ». J’ai la vague impression d’être sur Doctissimo. Quand tu arrives sur le site pleine d’espoir et d’ambition, juste pour te rassurer, et que tu ressors de là avec les épaules tellement affaissées qu’elles trainent sur ton carrelage, les yeux d’un cocker centenaire et un seul mot qui te vient à l’esprit : « merde ».

Alors, c’est kan kon part ?

Relaaax. Il ne reste plus qu’à recevoir le GO du service de l’immigration pour poursuivre les démarches, souscrire à une assurance internationale, faire nos données biométriques et les transmettre, envoyer tous les documents demandés, payer le visa bien entendu… et recevoir ce PVT Canada ! Tout cela en un mois et demi. Quand d’autres ont mis deux ans. Tout va bien. Mais je suis remontée à bloc. Allez savoir pourquoi, moi j’y crois !

Mon bélier de l’impatience est sur les starting blocks. Il creuse la terre de son sabot, les naseaux grands ouverts d’où s’échappe la fumée de son souffle chaud. J’ai peur de le vexer si je lui dis d’attendre plusieurs mois, ça risque d’aller loin. Il peut être très chiffon quand il s’y met. (Comme Amandine. Et du coup j’ai peur).

2 comments on “Les résultats d’entretien”

  1. C’est chouette votre blog! Mais pourquoi Montréal si le but c’est de distancer des Français? Car ils sont partout partout partout… et puis si jamais vous voulez rester plus longtemps que le PVT, le Québec ne va pas vous faciliter la vie.

    1. Merci de votre commentaire ! 🙂
      Le choix de Montréal est très simple, c’est d’abord ici que nous avons trouvé un travail (dont le mien qui sera bilingue avec des clients anglophones), et la ville est parmi la plus internationale de la province de Québec. Amandine ne parlant pas tout à fait anglais, nous aurions eu des chances très minces de trouver un travail pour obtenir le PVT dans les provinces anglophones.
      Mais merci pour le retour, c’est toujours intéressant d’en avoir !

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