Notre arrivée à Montréal

Tu réalises ? Non, pas du tout. Et toi ? Non plus… Peut-être une fois qu’on aura pris le train pour Paris ?

A Paris : Alors, tu réalises ? Nan. Peut-être une fois qu’on sera dans l’avion ?

Dans l’avion : Alors, alors ? Toujours pas. Sers-moi du champagne. On bouffe quoi ?

Les préparatifs du départ vers Montréal

Amandine reçoit sa LI, on réserve les vols.

Amandine ayant reçu sa LI le 13 décembre – oui, le jour même de l’envoi de son certificat de police suisse – nous avons décidé de booker illico presto notre billet d’avion. On sentait l’ami Omicron débarquer avec ses boots des neiges, et avec lui ses potes Fermeture des frontières, Confinement et Couvre-feu (plus sympa celui-là). Et quitte à partir pour notre nouvelle vie, autant marquer le coup : on décide de réserver la classe Club de chez Air Transat. Non, on n’est pas Crésus, mais on peut faire semblant après 4 mois d’attente. On le mérite.

Une dernière semaine en France

LI reçue le 13 décembre, billets d’avion réservés pour le 22 décembre. Soit 9 jours pour dire au revoir et profiter à fond avant le grand départ. On avait déjà dit au revoir à beaucoup de monde, et versé quelques litres de larmes. Mais le plus dur restait à faire : la petite sœur chez qui on vit depuis plus de 3 mois, ses chats – c’est fou comme on s’y attache – et ma sœur fraîchement revenue de Malte et que je n’avais pas encore vue.

Le papa d’Amandine nous fait la bonne surprise de venir « dans la matinée » nous dire au revoir. En langage Gérard, ça veut dire débarquer à 8h45 quand on est encore dans nos rêves, à se battre contre des punaises géantes.

Dernier weekend, on part pour Toulouse voir ma sœur et mon beau-frère. Evidemment, ça se finit en départ larmoyant, câlins qui n’en finissent plus, ouragan d’émotions et tsunami d’amour.

Retour sur Ambès le 20 décembre, avant une escale à Paris le 21 et un départ le 22 décembre.

Dernière journée avec Alice, qui commence bien : elle nous rejoint au lever, et on pleure toutes les trois. Je vais avoir intérêt à boire des litres d’eau pour compenser tout ça moi.

Le jour du départ pour Paris

Le 21 décembre, nous partons donc à la gare de Bordeaux pour rejoindre l’aéroport de Paris Charles de Gaulle, où nous avons réservé un hôtel. Ca, c’est le plan plutôt simple. On prend le train, rapide, efficace et on dort.

C’est sans compter nos 6 valises. Parce que quand tu es expatriée depuis plus de 3 ans, ta vie entière tient dans des valises. Et tu y trouves de tout et n’importe quoi, tant que ça te ramène à une période de ta vie. Pour moi, ce sont les tasses. Tasses de Malte, tasses du boulot, tasses du réconfort chocolat chaud, tasse de café, tasses de France, tasse d’annonce particulière… Pour le grand malheur d’Amandine qui doit aussi faire de la place dans sa valise. Evidemment, malgré ça, les miennes ne ferment pas. Problème. On se retrouve donc, le jour du départ, à acheter en quatrième vitesse une grosse valise pour moi, qui remplacera une des miennes. A la vue des valises proposées par le Leclerc, deux explications possibles :

1 – Il y a eu une vague de départs à l’étranger et seules les valises les plus faibles sont restées – un peu comme les derniers choisis dans les équipes d’EPS du lycée.

2 – Le créateur de valises est daltonien ou est fan des années 70

Je vous détaille le panel ? A part les bagages très petits et très chers (150€), ceux qui restaient et correspondaient à mes besoins étaient d’une seule et même couleur : lait menthe. Au moins, aucun risque de se la faire voler. Tout le monde me la laisse celle-là.

On se retrouve donc avec 6 valises, dont 4 de plus de 28 kilos. A transporter dans un train bondé pour l’aéroport.

Heureusement, la mère et la sœur d’Amandine étaient là pour nous aider. Ça s’est quand même finit avec des pleurs par centaines de litres –encore- et surtout des bras en compote, les chutes du Niagara sous les aisselles, trois ongles en moins et un poumon perforé.

Jour J : le voyage vers Montréal

Après une nuit très courte à l’hôtel et un mac do de la veille bien copieux, on reprend toutes nos valises du démon pour l’aéroport. Non sans se faire engueuler par le chauffeur de navette pour le nombre de valises à transporter. Monsieur, les tasses ça sert à boire, mais ça peut aussi faire très mal quand on se les reçoit en pleine face vous savez.

enregistrement bagages

Amandine découvre les joies de l’organisation militaire de l’aéroport Charles de Gaulle et la fluidité sans nom du trafic – vous me suivrez -. On tombe sur le comptoir d’enregistrement Air Transat par un total hasard en s’agaçant l’une contre l’autre au sujet des valises et de l’utilisation ou non du porte bagage. Tout se passe bien, enregistrement fait, valises du démon parties vers la soute, là où elles ne pourront plus faire de mal à mes poumons. On attend dans la salle d’embarquement et on essaye, encore, de réaliser. En vain.

Vol Air Transat vers Montréal : la classe Club

S’il y a bien une chose que je ne regrette pas, c’est d’avoir choisi la classe Club d’Air Transat ! Sélection des sièges côté hublot – même si Amandine m’a piqué ma précieuse vue ciel, elle a de la chance que ce soit son cadeau d’anniversaire – espace plus grand pour les jambes et trousse de bienvenue. Petit plaisir des gens simples qui n’ont pas l’habitude de ces attentions – nous en somme -, on ouvre la trousse avec des yeux qui pétillent. Dentifrice et brosse à dent, gel hydroalcoolique, bandeau pour les yeux, bouchons d’oreille, écouteurs et leur pochette, couverture, chaussettes, crèmes pour le visage, stick à lèvres… royal ! Et Joyeux Noël !

Le champagne et le vin rouge

classe premium avion

L’autre bonne surprise, c’est le petit verre de champagne pour nous souhaiter bon vol. Ecoutez Monsieur le Stewart, donnez-moi la bouteille et mon vol sera encore plus agréable. Promis. On fait nos photos de riches avec notre verre à la main – c’est ça le principe d’Insta non ? – et on se laisse transporter par la délicieuse sensation de relâchement que ce breuvage nous procure. A peine ce verre terminé que le Stewart –qui a écouté ma requête visiblement- revient avec une proposition de vin rouge ou de vin blanc. Va pour le vin rouge. Les doutes sur mon alcoolisme se sont très vites dissipés à la vue de mon voisin de droite qui en était déjà à son 5ème verre d’alcool avant même le décollage de l’avion.

Les films version Québec

Bref, on découvre aussi le panel de films proposés en version anglais ou québécoise. Et ça, ça vaut le détour. Découvrir les titres de films et dessins animés qu’on a toujours connus en version québécoise, c’est une expérience. Je vous laisse les découvrir.

titre québécois titre québécois film

J’ai quand même regardé un film québécois pour travailler ma compréhension orale. Je me retrouve quelques années en arrière à vouloir mieux comprendre l’anglais comme seconde langue. Etrange.

Tout va bien, je retrouve les expressions de notre boss qui déchire. Les « J’men calice » « Ostie » « Tabernak » et autres « Cris de con » sont un doux son à mes oreilles à présent.

Le repas

repas avion

Bon, je vous avoue petite déception quant au repas « Gourmet » proposé par Air Transat. On s’attendait à du chaud, finalement la seule différence avec la classe économique c’est le choix entre 2 plats (salade de pâtes ou salade poulet). Nous avons donc eu droit à une salade grecque en entrée, une salade de poulet avec des poivrons rôtis, du houmous et des glucides non identifiables, un petit pain, du beurre et une petite part de cheesecake. J’avoue, le cheesecake était particulièrement gouteux, mais ne rattrapait pas le reste à lui tout seul. C’est pas grave, resservez moi du vin monsieur le Stewart, ça va passer.

Le voyage passe très, très vite et nous approchons de notre destination finale : MONTREAL !

L’arrivée à Montréal, enfin !

Après plus de 24h de voyage au total, nous voyons enfin notre nouvelle vie qui apparait devant nos yeux après avoir traversé cette épaisse couche de nuage au dessus du Canada.

Montréal ciel

Des plaines entières recouvertes de neige, à perte de vue, et la ville de Montréal, immense qui se rapproche de plus en plus. Mon excitation est à son maximum, je ne tiens plus. On atterrit doucement sur la neige et le verglas – chapeau le pilote- et on sort de l’avion le sourire jusqu’aux oreilles et l’envie de courir vers cette nouvelle vie qui nous attend.

Le passage à l’immigration de Montréal

C’est le stress de tout travailleur temporaire qui arrive au Canada : le passage à l’immigration. Petite explication : nous ne recevons pas le visa à proprement parler par email, mais uniquement une lettre d’introduction. Cette lettre doit être présentée, avec d’autres documents, à l’agent d’immigration sur place, qui va décider –ou non- de nous donner notre permis de travail officiel.

C’est-à-dire que oui, nous pouvons faire un aller/retour si ta tête et tes documents ne reviennent pas à l’agent d’immigration. Encourageant ! Cela suffit en tout cas à Amandine pour stresser comme jamais, la peur de se voir refuser l’entrée à deux pas de la fin de ce calvaire étant trop forte.

On arrive devant des bornes automatiques qui nous posent tout un tas de questions sur le contenu de nos valises –non, nous ne transportons pas de drogue et non, nous n’avons pas l’intention de tuer nos congénères – et nos éventuels symptômes covid. La borne nous prend en photo, nous donne un joli ticket et nous demande de nous diriger vers les portes de l’immigration.

L’agent d’immigration

Amandine passe en première devant son jugement dernier. Les mains moites, le cœur palpitant et la bouche sèche, elle arrive tout de même à prononcer ces quelques mots, comme un robot aux yeux vitreux « je viens travailler en PVT, je suis assurée pour la durée de mon séjour ». Vient mon tour, je fais la sûre de moi mais si j’avais des toilettes à deux pas j’y foncerais bien volontiers. L’agent ne me parle pas, il fait ses petites manœuvres sur son ordinateur. Il sort son tampon, ouvre mon passeport… et tamponne la page de sa plus belle encre rouge. N’en dis pas plus Monsieur l’agent, je ne te regarde pas, j’ai mon tampon, j’ai mon visa, maintenant je file BYE BYE !

Ça y est, 15 min après notre arrivée dans ce bureau on a officiellement notre beau papier : le permis de travail ! Notre aventure peut commencer, allons chercher nos bagages.

Les tests PCR

Que vois-je au loin ? Sont-ce des guichets de tests PCR avant les bagages ? Non. Non. Non. C’est non. Oui, j’ai bien entendu dire que des tests PCR pouvaient être effectués à l’arrivée, avec quarantaine le temps de recevoir les résultats. Mais, avec les 30 ans d’Amandine le lendemain, et Noël le surlendemain, pour une fois j’espère avoir un peu de chance malgré ma poissarde à lunettes.

On passe devant une charmante femme pleine de vie qui fait notre dossier –obligatoire- et nous fait des blagues. On rigole, on sourit, ça se passe bien, bon feeling.

C’était pour mieux faire passer la pilule. C’est avec un calme sans nom qu’elle nous dit « Vous allez prendre vos valises et avant de sortir, dirigez-vous à droite vers l’infirmière qui vous fera vos tests PCR. Vous pourrez ensuite rejoindre votre lieu d’isolement. Jusqu’au résultats environ 3 jours plus tard.». Pardon ? C’est-à-dire qu’on a été tirées au sort ? CRIS DE F*** DE TABERNAK !

Nos boss viennent nous chercher et en profitent pour nous faire une visite guidée en voiture de Montréal avant de rejoindre notre lieu d’isolement. Je rêve éveillée : les rues illuminées, la neige qui tombe, les décorations de Noël, l’architecture… tout m’émerveille. Et j’ai hâte de pouvoir fouler ce sol !

Les normes canadiennes

Nous voilà donc isolées dans notre logement en attendant les résultats du test. Notre boss qui déchire nous a trouvé un studio pour notre premier mois. Un studio elle disait. Nous, on s’attendait à un petit 25m², on avait même peur de nous retrouver dans une cage à escalier sans pouvoir aller dehors, en versant toutes les larmes de notre corps.

La bonne blague. C’était sans compter les normes canadiennes. Chez eux, un studio est un appartement de 50m². Avec un frigo pouvant contenir le repas de 10 familles de 6 membres chacune, une cuisinière version XXL et un lit qui fait la taille de mon ancien studio à Bordeaux. Ecoute, moi je dis oui pour les studios dans ce cas.

On a découvert aussi ce qu’étaient les proportions nord-américaines : des bouteilles de jus de fruit assez larges pour te faire tenir 3 mois, des plaquettes de beurre d’un kilo, des bouteilles d’huile de 5L…

Pour les 30 ans de ma poissarde à lunette, j’ai commandé des sushis avec mon petit péché mignon : du gingembre. Moi qui m’en gave habituellement, je goute : du sucre plein la bouche, comme si j’avais mangé une sucette de sirop d’érable. Effectivement, on va devoir s’habituer et décrypter les étiquettes pour éviter de devenir obèse et accro au sucre.

Bon, on procrastine cette fois-ci car notre boss qui déchire nous a acheté un gâteau d’anniversaire au chocolat crémeux. Viens me chercher, addiction au sucre.

Demain les résolutions, demain.

Les premiers plaisirs du Canada

bonhomme de neige

Je blague sur le sucre mais je suis la plus heureuse du monde. Je vois de la neige je saute de joie. Je sors devant chez nous par -16°C je suis toute excitée. Je fais mon bonhomme de neige comme une gamine devant la porte -aucune remarque permise sur ma version du bonhomme d’hiver. Je passe des heures à regarder le sol enneigé par la fenêtre. Je suis apaisée quand j’entends parler québécois. Et je n’ai qu’une seule envie : pouvoir sortir véritablement et découvrir ce nouveau quotidien qui est désormais mien !

Fin de la quarantaine : date inconnue.

neige fenêtre

Mais on s’en fout, on est au Canada !!

Une réflexion sur “Notre arrivée à Montréal

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