Notre déménagement à Saguenay : on quitte Montréal !

Je sais, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas écrit sur Destination Caribou. Un manque de temps certain, mais aussi un sentiment étrange et désagréable…

Non pas que voir les pieds des passants était devenu un loisir au quotidien, mais presque. Madame Tremblay pointure 7.5. Monsieur Bouchard pointure 8. Et un beau 9.5 pour Mr Gagnon qui remporte le prix du terrier haut la main.

On manquait de soleil, d’espace, de nature. On manquait de Canada. Et ça nous rongeait au quotidien. Coucou la dépression inattendue. Bref, une décision s’est imposée. Et elle s’appelle Saguenay

En route vers Saguenay : le voyage déclencheur

Jamais je n’aurais cru dire un jour “je vivrai dans le nord”. Là d’où je viens, vivre dans le nord c’est vivre dans le froid intense, quand le sud représente la chaleur et le soleil. Et je ne parle pas du soleil maltais que j’ai du rayer de mes souvenirs – lire le commencement de nos aventures à Malte – !

Mais pas ici. Enfin presque. A quelques dizaines de degrés près et un accent à te faire saigner les oreilles pour certains.

En cherchant une ville qui nous corresponde lors de nos nombreux moments de déprime, on a découvert Saguenay. Une ville à taille humaine, proche de grands parcs nationaux, et qui offre tous les loisirs et les activités qu’on espère. Chouette, on y va quand ?

Ça tombe bien : on doit se déplacer pour le travail au Saguenay Lac Saint Jean, pour installer des travailleurs étrangers dans leur nouveau chez-eux. 

Parfait, c’est l’occasion de partir de notre terrier et de visiter le grand Québec. 

Des paysages grandioses

Rien que sur la route, je me suis vue respirer profondément. Comme si tout mon stress accumulé, toute la pression et toute la fatigue s’en étaient allés en quelques heures.

saguenay quebec

Des routes serpentant les monts et les vallées, longeant le lac saint jean ou la rivière, des cascades gelées à n’en plus finir, des paysages grandioses défilant devant mes yeux. J’y suis, en route vers mon avenir ! Le trajet dure quand même 7h, en comptant ma pause pipi en plein milieu d’une zone déserte, derrière un bâtiment fermé. Pause pipi, sous la neige, faute de toilettes. Moment de libération intense interrompu par des dizaines de motoneiges qui débarquent de nulle part et qui me rasent, moi, accroupie et la wewette à l’air. Enchantée. Bref, c’est un détail.

La Découverte de Saint Félicien 

Première étape : s’occuper des travailleurs dans la région du Lac Saint Jean. On dort donc à Saint Félicien, charmant petit village au bord de l’eau. Bon, il n’y a pas grand chose à y faire… sauf la Chouape.

La chouape la chouape la chouape

Il faut savoir que j’avais une sainte horreur de la bière. Il fallait au minimum envoyer les Moscow Mule, les mojitos ou le vin rouge si tu voulais attirer mon attention. Mais ça, c’était avant le Canada et ses microbrasseries. Ca, c’était avant la Chouape et ses plateaux de dégustation. Et c’était avant la madame qui te conseille parfaitement sur les bières que tu pourrais aimer selon tes goûts. Merci, maintenant je veux toujours mon plateau de dégustation de 5/6  bières et ma trempette au fromage Perron et aux artichauts. J’en bave rien qu’en y repensant, mon clavier est trempé.

la chouape bar

Mais mis à part la chouape, Saint Félicien ça reste très reculé et loin de Saguenay. – ça ne m’empêchera pas de faire plus d’une heure de route pour les 5 à 7 bière trempette, qu’on se le dise.-

Les visites d’appartement à Saguenay

On a donc décidé de profiter de ce temps sur place pour commencer les visites d’appartement, en privilégiant Saguenay bien entendu.

Et on en a vu de toutes les couleurs. 

La taverne du sénior

Visite programmée d’un appartement de deux chambres à Saguenay, très moderne. A l’arrivée devant le logement, on a toutes les deux eu le même réflexe : ravaler sa salive, rentrer la tête dans l’écharpe et se tenir la main, très fort. Ok, on peut rentrer dans la taverne. 

Nous qui ne voulions pas de sous-sol, on en avait un parfait exemple devant les yeux. Un bon terrier comme on les aime, avec de petites fenêtres et la neige tellement imposante qu’elle les recouvre en totalité. Respire Méline, respire. C’est juste un mauvais moment à passer.

A l’intérieur, la décoration est magnifique, moderne et c’est plutôt ensoleillé. Mais je ne veux plus voir de pieds par la fenêtre. On fait la visite pour la forme, toutes mes questions interrompues par le chat du locataire qui me suit à la trace et qui me tapote avec sa patte pour que je le caresse.

Bref, le terrier enneigé : c’est non. Je prendrai juste le chat collant.

L’endroit du désert : Larouche

Larouche. Ce nom ne vous dit rien ? Ca tombe bien, nous non plus. Un lieu perdu entre la ville industrielle d’Alma et l’autoroute reliant à Saguenay. C’est…calme. C’est…désert. C’est…non. 

Le m’as-tu vu moi et mes fesses ?

Puis, visite d’un appartement immense plein centre de Chicoutimi, une des villes de Saguenay. Mais pas le centre agréable type vieux port. Le centre avec la gare routière en face. Quand tu sens que la maison a été là bien avant le développement de la ville, mais qu’elle est la seule a avoir résisté aux constructions massives. Grandes fenêtres, ouvertes sur tout le centre et les passants. Coucou tout le monde ! C’est-à-dire que je ne veux pas partager les fesses de ma blonde quand elle sort de la douche, désolée ! Je suis radine, je sais. Vous voulez me voir faire pipi vous aussi ?

La dernière visite de l’espoir

Et puis visite de dernière minute d’un logement à Jonquière, un autre arrondissement de Saguenay. C’est en rappelant une énième fois le gestionnaire de l’immeuble avec qui j’avais eu un bon contact, qu’on a pu obtenir une visite d’un appartement n’étant même pas apparu en location.

Les signes qui ne trompent pas

Tout le long du chemin, on a vu des signes. Sortie 33 (Bordeaux représente), Avenue des Mouettes (notre animal de couple avec ma blonde), Rue de la Charente (département d’Amandine). Ok, ça fait peur mais on y va !

Les voisins

A peine on se gare sur le stationnement qu’une femme âgée vient nous voir, munie de sa grande pelle à déblayer la neige épaisse (chapeau bas, même mes bras n’ont pas autant de force et de volonté qu’elle). “Vous venez pour l’appartement. Il est la !” Non, ce n’était pas une question. C’était une affirmation. Elle SAVAIT qu’on venait. Qui est-elle ? Que nous veut-elle ? Nul ne le sait. très sympathique au demeurant, un peu flippante aussi. On sort du véhicule – car oui, elle nous a alpagué par la fenêtre – et on tombe sur une autre personne âgée, un monsieur cette fois :

“zlfznfjnazejf fekfeln fek efezfkepmanbcol, bar flnnfezlnf,lkq,dz célibataire eflzemzndzndep françaises ?feflenfeifzm,z  bienvenues fkejfejfjne.”

Wahou. Double Uppercut. C’est donc ça le parlé québécois de région. J’avale ma salive, je fais un grand sourire, je réponds au hasard, je ris plus qu’il n’en faut. Merde, il me drague. Devant Amandine. Souris moins, rentre tes seins. 

Papi, tu es très charmant, gentil et je suis reconnaissante de ta bonne volonté, mais tu vois la personne qui est à côté de moi n’est pas ma cousine.

Rien n’y fait. Spoiler alert : Après 3 semaines, il m’attend toujours au bar.

La décision : Saguenay ou pas Saguenay ?

Le bilan est clair : on le prend ! On s’excite, on signe, on est comme des puces sur un chat tout velu. Il faut savoir que les déménagements se font généralement le 1er juillet ici. Tous les ans, c’est le festival des camions de déménagement et tout le monde change de logement, rien que pour le fun.

Mais nous, on ne se voyait pas rester jusqu’à fin juin dans notre terrier de Laval. On avait envie de voir le monde, voir des jambes et des bras depuis notre fenêtre ! Si bien que quand on a signé le bail… On s’est engagées à le prendre au 1er avril, reprise de bail oblige. Chouette, on est le 8 mars. Donc, on déménage dans 3 semaines là ? Ouai. Fudge ! 3 semaines pour trouver un autre locataire dans notre terrier de Laval, 3 semaines pour faire nos cartons, et surtout 3 semaines pour trouver une voiture.

Ben oui, on n’en a pas parlé, mais on a pas encore de voiture à part le bazou que notre boss nous prête. 

Mission de la plus haute importance : trouver une voiture 

Facile à dire ! Des voitures, il y en a. Mais des voitures qui tiennent la route, la neige, le verglas, la rouille de l’hiver et les longues distances, le tout à un budget raisonnable, là il n’y a plus personne d’un coup. 

Premier budget : 2500$. Allé, 3000$ si on a le coup de coeur.

Premier concessionnaire : pas de voitures en dessous de 7500$. Ah ouai. Ca pique. 

On va peut être regarder ce qui se fait et voir pour un prêt finalement. 

Deuxième budget : 7000$. 2000$ cash et le reste en prêt, si la banque veut bien prêter de l’argent à des pvtistes qui ne sont là que depuis 3 mois et qui n’ont même pas bâti leur historique de crédit. (T’as pas suivi l’histoire de l’historique de crédit ? Check les curiosités du Québec!)

Deuxième concessionnaire : pas de voiture en dessous de 10000$. Tabarnak. 

Bon, il faut dire qu’elles sont belles ces voitures. Et propres. Rien à voir avec le premier concessionnaire. Et que le vendeur s’y prend très, très bien. Il nous prouve par A+B qu’on peut gérer l’achat d’un véhicule de plus de 10 000 pièces avec un remboursement de prêt de seulement 70$ par semaine. Fort le gars. Tu arrives de plus en plus à me convaincre. Mais on magasine un peu les autres quand même.

Troisième budget : vas-y, illimité. T’façon, on prendra ce que la banque veut bien nous donner pour une voiture qui nous plait. Le million, le million !

Troisième concessionnaire : c’est le coup de coeur. Autant pour l’ambiance de la petite concession que pour le véhicule qu’il nous propose : une belle Subaru Forester de 2009. Son prix ? 7990$. Propre, bien entretenue. Quelques réparations à faire d’ici quelques mois, mais rien de bien méchant. 

Festoyons !

On l’essaye. On la valide. Ok, on la prend. On contracte le prêt bancaire, je signe autant de documents que si j’étais Céline Dion en tournée mondiale. Le gérant de la concession nous offre une bouteille de Sambuca. Je suis bourrée à l’anis. On est heureuses. Je suis pauvre. Manque plus que trouver un sous locataire pour le studio, et on sera prêtes pour le déménagement !

cadeaux

Sauf que… Forest, tu n’es pas pour nous. 

Dis donc, elle fume beaucoup la voiture à l’arrière depuis qu’on l’a achetée. Dis, elle fait un bruit quand on roule non ? C’est moi où tout ça n’existait pas quand on l’a essayée ? 

Bingo. 3 jours plus tard, on doit se rendre à l’évidence et rendre Forest. Les résultats tombent : elle souffre d’une courroie de distribution défectueuse et d’un bloc de je ne sais quoi gonflé je ne sais où. Bref, la vie nous a fait prendre des chemins différents Forest, et ils se séparent malheureusement aujourd’hui. Ce n’est pas toi, c’est nous. 

La bonne nouvelle, c’est qu’une autre voiture -qui avait attiré notre oeil alors même que je signais les papiers de Céline Dion- était disponible en remplacement de celle-ci : une Honda CRV. La forme évoluée de notre bazou national. Après essais, contrôles techniques et inspection minutieuse, on la prend ! La bazoute pèse quand même 2000 dollars de plus que Forest, mais le coeur a ses raisons… que les dettes ne connaissent pas. 

honda CRV

Rajoutons donc quelques mois à notre emprunt qui se finit bien après notre PVT. Rien de stressant, tout va bien. Pour terminer en beauté, nous avons aussi trouvé une personne pour louer le terrier de Laval à partir du 1er avril. Merci l’univers !

Saguenay, nous voilà !

Le déménagement de l’enfer

J’avais oublié à quel point je haïs les déménagements. Je ne les déteste pas, non. J’ai envie de les exploser contre un mur de lave qui recrache des épines envenimées. 

C’est fou comme un petit studio peut stocker un tas de “je garde au cas où”, “un jour ça me servira peut-être”, “c’est cassé mais je le mets quand même dans un tiroir” et de “je ne sais vraiment pas quoi en faire ni où le mettre… alors je le pose la.”. 

Et comme Amandine et moi on est du genre prévoyantes, on a commencé les cartons à 2 jours du déménagement pour Saguenay. Normal. 

Heureusement, on pouvait compter sur une dizaine de personnes pour nous aider. Ah, ah, ah. Vous y avez cru ? Non, il y avait Amandine et… moi. 

Toutes les deux. Avec pour seuls compagnons l’ex jambe cassée de ma binoclarde, son bidon d’arrêt de cigarette, mon mal de dos de trentenaire et mes petits bras. 

Saguenay, pense à Saguenay.

camion déménagement

Un déménagement c’est sournois : malgré ce que tu penses, ce n’est pas le plus gros meuble qui pèse le plus lourd. Non. C’est ce fuc**** matelas !! Il est là, l’air de rien, tout gentil dans son coin. Mais quand tu veux le bouger ou le porter… tu peux avoir les bras de Hulk et juste 5 mètres à faire, tu sais qu’il va te faire vivre un enfer. Il se contorsionne dans tous les sens. Tu veux le porter par la droite ? Il va se pencher à gauche. Tu veux le soulever ? Il va tomber sur ta tronche. Tu as juste l’impression de porter la terre entière pour un tout petit matelas de rien du tout, comme s’il se prélassait de tout son poids sur toi. Je HAIS les matelas. Si on en avait qu’un à la rigueur, on se dirait que c’est juste un mauvais moment à passer. Mais non, on en a… 3 ! Empilés les uns sur les autres. Et 2 étages à monter. Sans ascenseur. Mais comment ont fait tous les séniors du bâtiment pour déménager ?? Qu’on m’explique !

Rien que d’y repenser, mes muscles saignent.

déménagement
Capharnaüm du terrier pendant déménagement partie 1

Je ne compte évidemment pas le nombre de cartons en tous genres, et les sacs de courses qui servent à combler les cartons manquants. Ni les 36 allers-retours des deux étages, les sacs renversés, la bouteille de vinaigre blanc déversée dans le camion de déménagement ni les meubles cognés contre tous les murs de la résidence de Saguenay. Je ne vous raconte pas non plus comment j’ai coincé le doigt d’Amandine entre la rambarde des escaliers et le canapé, au bout milieu des deux étages, moi hurlant “C’EST TROP LOURD JE NE TIENS PLUS !!” et elle criant “TU M’AS ARRACHÉ LE DOIGT PUT***” ! et lâchant tout en se tenant le doigt. 

Bref, ce fut un véritable carnage, à censurer pour les Déménageurs Bretons.

Les habitants de Saguenay – Jonquière

A savoir donc que notre résidence de Saguenay Jonquière est peuplée de séniors.

Tous les jours j’en rencontre un nouveau. Des papis en veux tu en voilà, et des mamies qui se font plus discrètes, mais qui te saluent de loin avec le sourire.

Côté papis, on a un problème : ils sont tous amoureux de moi. Eh oui, je jase avec eux pour les connaître. Il faut dire qu’on est peut-être les femmes les plus jeunes qu’ils aient croisé depuis quelques décennies dans cette partie de Saguenay.  Au moins, je m’intègre. Le reste, c’est avec Amandine qu’ils doivent négocier. Moi j’ai un peu de mal à les différencier, alors je les reconnais par le nombre de dents qu’il leur reste.

Mon nouveau bureau à Saguenay – Chicoutimi

J’ai pu obtenir un bureau dans un super coworking à Chicoutimi, le Moulin à Cie. Le principe est simple : chacun peut louer son bureau fixe ou volant, cloisonné ou commun dans la salle. Et l’ambiance est géniale : des gens locaux et quelques Français dans un esprit jovial et d’entraide, j’adore !

Ma première journée là bas a été épique, j’ai pu discuter avec deux – trois d’entre eux. Tout se passait très bien, on a plaisanté dans la joie et la bonne humeur. J’ai vite compris qu’il y avait un souci avec Jonquière.

Je l’ai remarqué quand j’ai commencé à dire “Moi ? J’habite à Jonquière !” et que j’ai vu les regards des gens du Moulin baisser autour de moi. avec ce “Ah…” de dépit qui veut tout dire. Ce haussement d’épaule de “on fait pas tout ce qu’on veut dans la vie, ma pauvre” et ce tout petit sourire de sympathie qui veut dire “tu ne pouvais pas savoir vas!”. Mais QUOI ?! Y a QUOI avec Jonquière ? Moi je les aime mes papis !  

Maintenant que je connais mieux mes collègues du Moulin… bah, ils me confirment : Jonquière, c’est la cité. C’est le lieu des faits divers. C’est l’endroit des disparitions inquiétantes et des enlèvements. Version Québec.  Ok, donc la prochaine fois que je vois mes petits vieux, je me prépare à me protéger d’une attaque fulgurante de dentier. 

La livraison des meubles à Saguenay, ou comment le yoga peut être utile

C’est à dire que nous sommes arrivées dans un logement totalement vide. Sans frigo, sans cuisinière, sans laveuse, sans table, sans rien. Donc mis à part les 2/3 meubles qui nous ont fait perdre plus d’un doigt (RIP index d’Amandine), on a dû tout acheter. Il faut savoir qu’à Saguenay comme ailleurs au Québec, il y a une forte pénurie d’électroménager et de meubles. Quand tu en trouves en stock, tu te rues donc dessus. Autre pénurie à laquelle il faut faire face : la pénurie de main d’oeuvre. Pour la livraison, il faut alors être très patient. C’est ainsi qu’on a dû attendre une bonne semaine et demi pour être livrées de notre frigo, notre cuisinière et notre laveuse.

On a vécu d’amour, de salade froide et de chaussettes de la veille pendant pas mal de jours.

Pas de frigo, c’est compliqué. Surtout pour Amandine et sa phobie des germes ou des éventuelles maladies. Et là, manque de pot, mes vieilles habitudes sont revenues au galop. J’avais gardé dans un sac de déménagement tout le contenu de notre frigo : beurre, cornichons, moutarde, ketchup, tranches de cheddar… pensant que de toute façon, il faisait -10 dehors et que ça valait bien un frigo. Quand j’ai remarqué que ça avait tendance à geler dehors sur le balcon et à chauffer la journée ensoleillée, puis regeler le soir, je me suis dit que ce n’était pas une si bonne idée. Mais je suis tenace.

 “Le beurre ? Oh, ça va il fait pas super chaud non plus à l’intérieur, on peut encore le manger s’il n’a pas été au frigo. Le fromage ? Ça va, c’est du cheddar déjà chimique finalement, c’est fait pour résister à tout non ? La moutarde ? Y a du vinaigre là dedans, ça conserve ! Et regarde, c’est même pas moisi !”

Au fur et à mesure, je voyais bien Amandine me regarder avec un mélange de dégoût et de choc intense dès que je me faisais un sandwich avec les restes du frigo sans frigo. Je jurerais même avoir vu du sang couler de ses narines.

Alors évidemment, autant vous dire que quand je lui ai dit “maintenant qu’on a un frigo, je vais pouvoir tout remettre dedans comme si de rien n’était”, et bien effectivement… j’ai pu tout remettre dedans. Dedans la poubelle. Voilà.

On est tellement bien à Saguenay !

Vu qu’on n’a pas encore fait la une du Journal de Saguenay pour disparition inquiétante de deux jeunes immigrantes sous fond d’acte homophobe, pour le moment on se sent vraiment bien ici. A notre place, dans une ville qui nous correspond ! 

Le bonheur de la baie vitrée

logement jonquière

C’est aussi bien de voir les bustes et les visages des gens par la fenêtre. Ça change de Laval et de son défilé de pieds. Bon, il faut dire qu’on est passé à l’extrême inverse, c’est nous qui nous faisons observer par tous les voisins à leur fenêtre. Mais je suis prête à payer le prix, j’ai du soleil dans l’appartement, je vois la lumière du jour… et j’ai compté, je peux faire 28 pas sans m’arrêter du salon à la chambre numéro 2 ! 

Mais t’es montée dans le nord.

Bon, un petit détail. Minuscule. Ici, il y a encore plein de neige. Quand Montréal a tout dégelé. Ici, il fait encore négatif. Quand Montréal connaît 15°C. En plein mois d’avril. 

C’est le nord Saguenay, c’est vrai. 

Mais qui va voir des baleines à Tadoussac ? Qui va cueillir des bleuets dans une ferme ? Qui va faire le tour du Lac Saint Jean en vélo cet été ? Va explorer le Parc National du Mont Valin et le fjord du Saguenay ? Et qui va se baigner dans la rivière en pleine nature ? 

C’est nous ! Dès qu’il fera une température décente. D’ici Août quoi. 

2 réflexions sur “Notre déménagement à Saguenay : on quitte Montréal !

  1. JULIEN BOUILDE

    Une vraie aventure, un régal de te lire, tu me fais beaucoup rire avec ta prose 😀
    Malgré vos péripéties, vous avez l’air de bien vous amuser ! Profitez-bien du Grand Nord !

    1. melineincanada

      Merci Julien, ça fait vraiment plaisir de lire ton commentaire ! La vie est pleine de rebondissements, pas toujours drôles, mais au moins on a toujours des choses à raconter 🙂 A très vite pour d’autres aventures !

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