La recherche de travail

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Puisqu’il faut commencer par le plus difficile, nous voilà à l’attaque. Notre mission : trouver l’entreprise qui :

  • Veuille bien de notre situation plutôt incertaine
  • Soit sérieuse – pas d’arnaque
  • Nous plaise

Ça fait pas mal de conditions en fait. Mais puisque notre projet n’est clairement pas de partir juste pour quelques mois au Canada, nous devons trouver l’entreprise de nos rêves !

Etape n°1 : Remettre à jour notre CV

J’avais oublié le plaisir, que dis-je, le bonheur suprême de concevoir un CV. Moi qui n’ai pas eu besoin de le faire depuis de nombreuses années, il faut dire que je suis totalement larguée. Pardon ? Il faut que les CV soient de réelles œuvres d’art pour faire la différence ? C’est-à-dire qu’à part mes compétences sur Paint où je peux te dessiner une belle maison avec un arbre, un soleil et une allée fleurie, le design c’est pas vraiment mon fort. Heureusement que Word et sa panoplie de CV prêts à l’emploi est là. Merci Microsoft.

En France, on passe des jours à se faire des nœuds au cerveau, dans les cheveux et les poils de jambes pour essayer de faire rentrer TOUTES nos expériences sur une seule et même page, design et coordonnées compris. Au Canada, c’est l’extrême inverse. Si ton CV fait 3 pages et qu’il inclue le bénévolat à la SPA que tu as fait un weekend quand tu étais môme – où un chien malvoyant t’a uriné dessus en pensant que tu étais un poteau (histoire véridique, aucun commentaire) – c’est encore mieux.

Alors, soit. Ecrivons la liste des expériences professionnelles et personnelles que j’ai pu avoir durant toute ma vie d’adulte. On va passer les détails sur la SPA, je ne voudrais pas donner des idées à mon futur employeur.

Vient le moment où je dois faire la liste de mes compétences/qualités. Heureusement qu’ils ne demandent pas la capacité en Go de ma mémoire interne à moi (Cf : ma présentation). Non, on va plutôt mettre : organisée et rigoureuse. Traduction : Je note toutes mes tâches de la journée sur mon calendrier faute de pouvoir compter sur ma mémoire.

Quelques heures –ou jours- plus tard, voilà un CV tout prêt pour partir à la conquête du Canada !

Etape n°2 : L’envoi des candidatures

Je crois qu’en 12 ans, je n’ai jamais envoyé autant de CV que durant les mois précédents. J’ai écumé tous les sites possibles, épluché toutes les offres et envoyé probablement des centaines de candidatures spontanées et moins spontanées. Un véritable robot. Une machine de guerre. Le taylorisme et le travail à la chaîne, ça me connaît maintenant. Aux 8h de boulot quotidiennes, j’enchaînais sur 2/3h de recherches intenses et d’envois de CV à la chaîne. Je finissais mes journées dans un état de mort cérébrale, l’aspect final de mon visage proche de celui de Dracula et frôlant le zombisme de Walking Dead.

En quelques mois, je me suis faite probablement bloquée et black listée de dizaines d’entreprises, pour harcèlement à la candidature. J’ai toujours rêvé qu’un jour on connaîtrait mon nom, je ne pensais pas que ça allait être pour cette raison !

Pas de visa si pas de travail, mais pas de travail si pas de visa.

A regarder tous les jours ma boîte email, j’en devenais parano. D’autant plus qu’ils sont tellement professionnels et gentils au Canada, que presque tous les employeurs t’envoient un email de retour personnalisé pour te donner une réponse négative. Alors qu’en France, on a l’habitude de l’ignorance pure et simple de notre candidature, je faisais des arrêts cardiaques à chaque email reçu.

Malheureusement, la réponse était très souvent la même : « Merci, mais votre profil ne correspond pas au poste. » Traduisez : « Pas de visa, pas de travail. Bonne chance ! ».

J’ai aussi reçu pas mal d’emails de recruteurs très intéressés par ma candidature, mais qui ont vite changé d’avis lorsqu’ils ont appris que je n’avais pas encore le PVT.

Mais c’est justement parce que je n’ai pas de travail que je n’ai pas de PVT !

J’étais désemparée. Amandine ne voyait de moi que mon corps échoué sur le lit, le visage enfoncé dans mon oreiller humide de la sueur de mes recherches, à lui déverser des paroles et complaintes inaudibles. Ceci dit, elle m’a vite rejoint sur l’oreiller d’à côté.

Jusqu’à ce que…

Son entretien à elle

Jusqu’à ce qu’Amandine reçoive une nouvelle très encourageante. Une entreprise de recrutement l’a contactée pour lui donner un entretien, car très intéressée par son profil. Enfin la lumière au bout de ce tunnel de l’infini ! Préparation intense, ne te plante pas sur ce coup-là !

C’est ainsi que chaque jour précédent son entretien visio, je l’ai challengée et coachée pour toutes les éventualités, toutes les questions pièges possibles et imaginables. Bien malgré elle. A l’évidence, j’étais la seule à vouloir la préparer comme un coach le ferait avant un combat de boxe.

Mettez une puce à côté d’un bouddha zen, et vous avez l’image de l’instant.

Evidemment, Amandine avait vu juste. L’entretien était juste idéal, un échange simple et naturel sur son parcours, ses attentes et ses besoins. Décidemment, il va falloir que j’oublie la façon de faire très cadrée et hiérarchique de l’Hexagone.

Résultat de la visio : une grande entreprise de Montréal est très intéressée par son CV, et on la recontactera dans quelques semaines avec plus de précisions. Quant à la boîte de recrutement, qui a l’habitude des dossiers d’immigration Canada, elle indique à Amandine qu’elle ne se fait aucun souci pour nous deux, qu’elle nous aiderait pour toutes les démarches et que de mon côté, je devais lui envoyer mon CV. Chose que j’ai faite dans les 30 secondes qui ont suivi.

Mon entretien à moi

Le rendez-vous visio est fixé, avec la co-fondatrice elle-même. Après 1h30 d’entretien, je suis aux anges. Non seulement elle m’indique que mon CV est très intéressant, mais qu’en plus elle souhaite que JE rejoigne LEUR équipe. Elle me propose donc un poste de coordinatrice au sein de son entreprise, afin d’aider et d’accompagner les talents internationaux à immigrer au Canada. Le job de rêve, qui rassemble toutes mes compétences. Le tout, en français et en anglais, que demander de mieux ? Bien sûr, elle a d’autres entretiens qui s’étaleront durant les 2 prochaines semaines, mais me fait clairement comprendre qu’elle a beaucoup aimé notre échange et que l’on a la même vision du travail et du service client.

Résultats d’entretien

C’est le lundi 2 août que nous en saurons plus, car elle nous a donné un entretien visio à toutes les deux ce jour !

On oublie la zénitude du bouddha, les deux puces que nous sommes comptent les jours qui nous séparent du 2 août !

To be continued…

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