Un weekend à Mont Tremblant

C’est bien beau de travailler du matin au soir, de rentrer, de manger et de dormir avant d’enchaîner une autre journée de boulot, mais arrive un moment où il faut aussi savoir profiter de son PVT Canada ! Mes idées farfelues arrivant toujours au dernier moment, je propose donc à ma blonde de partir, et de passer la fin de semaine en dehors de Montréal. Je veux de la nature, de la neige, du froid et de l’air pur. L’envie me vient donc : nous allons partir en weekend à Mont Tremblant. Quand ? Vendredi après-midi. Sauf qu’on est jeudi soir. Il nous reste donc une soirée pour tout organiser, sans voiture et sans hébergement. Bien joué Méline. 

Mont Tremblant, kesako ?

vue du mont tremblant

Le Québec ne se résume pas qu’à la ville de Montréal et de Québec. C’est aussi et surtout des paysages de rêve, été comme hiver, et des montagnes ! Mont Tremblant en fait partie, puisque c’est une station de ski très connue du coin, et appréciée par locaux et touristes. 

On y fait du ski bien évidemment, mais aussi du ski de fond, des raquettes, des randonnées pédestres, de la motoneige, du chien de traîneau… bref, le rêve de tout vacancier en sports d’hiver. C’est décidé : Mont Tremblant, nous voilà !

L’organisation du weekend à Mont Tremblant

Nous sommes donc jeudi soir. Mes 9h de travail passées, mes poches noires sous les yeux et moi-même ouvrons à nouveau notre ordinateur pour organiser notre weekend. On est à pied, Mont Tremblant est à 1h de voiture, et on n’a pas d’hôtel. Allons-y gaiement. Nous découvrons donc un bus qui fait Montréal – Mont Tremblant en deux heures de temps, à quelques pas de chez nous, parfait ! Deux personnes, 130$ aller-retour, ça commence bien. Première veine de saignée. Flixbus, tu me manques. Pas le choix, avant de pouvoir conduire notre propre bazou, on va devoir compter sur ça !

La réservation de l’hôtel

Ce ne sont pas les hôtels qui manquent à Mont Tremblant. Mais plutôt nos dollars. C’est-à-dire que je n’ai pas envie de me saigner une seconde veine avec 600$ d’hôtel. Ou bien ma blonde devrait vendre son seul et unique rein et ce serait bien dommage. Elle en aura besoin pour la réouverture des bars à Montréal, je préfère le préserver.

Nous regardons donc les hôtels un peu plus éloignés du centre de Tremblant Village, et nous tombons sur le Pimbina Spa & Massage, un Bnb qui nous fait de l’oeil et qui finit de me convaincre en quelques secondes. La bonne nouvelle, c’est qu’un service de navette gratuit relie l’arrêt de bus depuis Montréal à notre bnb et au centre de Mont Tremblant. Parfait pour les Sans Voiture Fixe qui se gèlent les crottes de nez par -20°C comme nous-autres. 

Les activités

Alors Chou, on fait quoi ? Chiens de traîneaux ? Pêche sur glace ? Motoneige ? En voyant les dollars défiler devant mes yeux au fur et à mesure que je scroll la page du Mont Tremblant, je repose ma question. Alors Chou, on fait quoi ? Balade en raquettes de location ? Balade pédestre ? Bataille de boules de neige ? Concours de bonhomme de neige ?

Allé soyons folles, va pour les raquettes !

Transport ? Check. Hébergement ? Check. Activités ? Bref. On est jeudi, il est minuit. La fin de semaine est réservée, on peut aller se coucher. 

Le grand départ pour notre weekend à Mont Tremblant

Vendredi après-midi, nous voilà donc parties, sac à dos enfilé -ou plutôt valise sur le dos-, doubles moufles, tuque, et bottes de neige. Les deux bonhommes Michelin que nous sommes partons donc vers l’arrêt de bus, que nous avons failli rater soit dit en passant. Par ma faute. Léger malentendu sur le lieu d’attente du bus. Ma blonde à lunettes a sauvé la situation in extremis. Ca vaudra toutes les poisses qu’elle m’a fait subir, c’est un moindre mal !

La route vers Mont Tremblant

Les paysages sont magnifiques, enneigés comme j’aime. Enfin, je le devine car les vitres de l’autocar sont pleines de slotch -comprenez boue de neige- et que, oh ! Il est 16h30 et il fait déjà nuit. Mais peu importe, j’ai profité de ma demi-heure de soleil avant qu’il ne nous dise au revoir. On arrive donc à la station d’arrêt de l’autocar, où nous devons prendre la navette pour notre bnb Pimbina. 

Les navettes de Mont Tremblant, ou les voyages vers l’inconnu

Même après un weekend entier à utiliser ces navettes, elles resteront un grand mystère pour moi. Ce sont de petits bus somme toute classiques, jusque là, rien d’anormal. En m’installant, je m’étonne de ne voir aucun plan des arrêts pour nous repérer. Soit, on va se fier au panneau digital nous indiquant les arrêts à venir. La bonne blague. Aucun panneau. Aucune information sur les arrêts. Je regarde Amandine, qui -je le devine à la vue de ses sourcils froncés et son air figé d’incompréhension – se trouve dans la même perplexité que moi. Ok, on va s’en sortir en regardant les arrêts des abribus. Encore une belle découverte : aucune indication, quelle qu’elle soit, sur le nom de l’arrêt. Rien. Nous nous retrouvons donc de nuit, dans un bus qui va on ne sait où, qui marque on ne sait quels arrêts, et qui roule à toute allure vers notre hôtel – qu’on a peut-être dépassé depuis une demi-heure sans le savoir. 

Pas le choix, on prend notre portable pour suivre ses déplacements, merci le GPS. 

Première matinée à Mont Tremblant

village tremblant

Après une belle et reposante nuit au Pimbina Spa & Massage, nous nous préparons pour notre grande journée de randonnée en raquettes. Il fait très beau, le soleil brille et les oiseaux chantent. La découverte de ce temps radieux suscite des yeux brillants d’excitation pour certains – moi y compris. Pour d’autres, c’est la réalisation que la température va être froide, très, très froide. C’est le cas d’Amandine qui me regarde d’un air qui veut dire “Oh elle est mignonne, elle ne sait pas ce qui l’attend dehors. Sa crédulité me fendrait presque le coeur”. On se prépare donc très chaudement. Amandine enfile son pantalon de ski, toute contente. Pendant deux secondes, elle me regarde, je la regarde. Un esprit de satisfaction et de paix dans les yeux. Deux secondes. Un PLOC vient casser l’ambiance : le bouton de son pantalon de ski saute, et son ventre sort de là, vainqueur, comme pour crier “LIBERTEEEEE”. 

Dépitence. L’arrêt de la cigarette et l’arrivée sur le continent américain sont bien là, on ne peut que constater les dégâts. Elle rentre son ventre, reboutonne son pantalon de ski, fait mine que tout va bien, et on part pour l’arrêt de bus juste en face.

C’est sur le parking de l’hôtel, en voyant passer la navette devant nos yeux et à quelques dizaines de mètres de nous que : 

1 – on se dit qu’on aurait pu éviter de prendre ce deuxième café au petit dej’

2 – 5 secondes, ça change une vie

3 – on doit se préparer à attendre 30 min dans le froid pour le prochain bus

4 – LIBERTEEEEEE, en voilà un qui s’échappe à nouveau du pantalon de ski.

L’arrivée à la station Mont Tremblant

paysage mont tremblant

On prend la seconde navette et on arrive à Tremblant Village, et la montagne Mont Tremblant qui le domine. Après un véritable rallye du chauffeur sur la route enneigée et verglacée, nous arrivons saines et sauves – hourra. Tout est beau, le village et son architecture digne d’un décor de Disney, les skieurs habitués qui nous font réaliser qu’on est de pauvres novices en la matière, la neige immaculée, la montagne. Bref, je suis au paradis. 

On avait réservé un créneau horaire pour la location de raquette. Evidemment, nous n’étions pas au bon endroit, alors après 3 allers-retours entre le village du bas et le village du haut pour payer, louer, récupérer le matériel, il est déjà 12h30.

Ni une, ni deux, on met nos raquettes aux pieds, non sans mal après avoir découvert qu’elles avaient à peu près un demi-siècle de vie et qu’elles commençaient à tourner de l’œil.

Le sentier Vertigo

Nous choisissons le Vertigo pour notre randonnée en raquettes : un sentier qui va de la base au sommet, considéré comme “exigeant”. Même pas peur, on y va. Oui, mais il commence où ce sentier en fait ? On est déjà perdues, avant même de partir. On décide donc, avec nos raquettes aux pieds, de prendre le chemin le plus proche. C’est en découvrant que nos raquettes font Prrrr Prrrr en grattant le sol au lieu des Prouit Prouit doux de la neige, que nous remarquons notre erreur de touristes : nous sommes sur le chemin de la sortie et non le sentier de randonnée qui mène au sommet. Un oeil à droite, un oeil à gauche, personne ne nous a vu. Ok, on repart sur le bon sentier, l’air de rien.

La montée du Vertigo 

paysage enneigé

On la sent bien la mention “Exigeante”. Mais qu’est-ce que c’est beau ! Moi qui pensais ralentir ma blonde avec mes poumons fainéants de n’avoir pas fait de sport depuis la période pré Covid, je suis quand même assez fière de moi. C’est plutôt elle qui traîne derrière, en s’arrêtant toutes les 5 minutes pour reboutonner son pantalon récalcitrant. Elles sont belles les touristes françaises ! On voit des écureuils, des cascades glacées, et on se balade sur les chemins en forêt le long des pistes réservées aux skieurs. Tout est un spectacle. Je découvre les sensations de la montagne : les yeux qui pleurent et le nez qui coule continuellement. J’ai l’impression d’être de ces gamins du primaire, qu’on croisait toujours avec deux trainées de rhume jaune entre leur nez et leur lèvre supérieur. 

Je transpire de l’effort et des couches de vêtements thermiques que j’ai mis. Je ne savais pas qu’il était possible de mourir de chaud et d’avoir froid en même temps. 

 

Enième pause pour reboutonner le pantalon d’Amandine, qui en profite aussi pour récupérer ses poumons, s’affaler sur la piste et sortir un Snickers du sac. 

Manger un Snickers lors d’une rando, c’est un bon coup de boost. Mais manger un Snickers en rando quand il fait -20°C dehors, ce n’est PAS une bonne idée. A cette température, ce n’est plus un Snickers glacé que tu manges, mais une brique de glace pure. Nous repartons donc avec 3 dents en moins et le ventre frustré de l’échec. Notre ascension se passe plutôt bien, malgré notre lenteur considérable. A noter qu’on se fait quand même dépasser par des amateurs de ski de fond… en montée. Risible.

La défaite

Mont Tremblant le sommet

 

mont tremblant quebec
Abandon face au Mont Tremblant

Notre objectif ? Monter jusqu’au sommet et en prendre plein la vue. Après un peu de moins de 2h de rando, on arrive à un panneau qui, nous le croyions, allait nous dire qu’on y était presque. Ah. Ah. Ah. “Vous avez fait la moitié”. Pardon ? Juste la moitié ? C’est à dire qu’il est 14h30, qu’il nous reste une bonne heure de montée, que la dernière descente mécanique est à 15h30 et qu’il commence à faire nuit à 16h. Sans compter les arrêts innombrables d’Amandine qui se bat avec son pantalon et ses poumons. Alors on fait quoi ? 

On regarde au loin le sommet de la défaite et on rebrousse chemin, direction la base du mont. Non sans quelques chutes mémorables d’Amandine, que je vous partage bien évidemment.

chute dans la neige

Mont Tremblant : ou le village des tentations

Passer un weekend à Mont Tremblant, c’est aussi manger. Beaucoup. Et encore plus après la frustration du Snickers. 

Queue de Castor banane chocolat, Tire sur glace – un régal -, Starbucks, tacos… on profite de tout. Quitte à déboutonner son pantalon, autant que ce soit pour une raison. On regrette juste de ne pas pouvoir s’installer à une table. Covid oblige, les restaurants sont fermés. Me voilà donc dehors à attendre Amandine qui commande au Starbucks. Sauf que -20°C quand tu fais de la rando, ça passe. -20°C quand tu es statique à attendre, ça passe tout de suite un peu moins. Pas de problème majeur aux jambes ni aux bras. Ce sont plutôt mes doigts qui hurlent SOS comme jamais. De ma vie, jamais je n’ai eu aussi froid au bout des doigts, avec l’impression d’avoir des lames de couteaux qui me transpercent à répétition. J’en ai presque eu la larmichette. 

Le reste du weekend à Mont Tremblant

lac gelé

Nous rentrons en fin d’après-midi dans notre super bnb, épuisées comme jamais. On se laisse bercer par l’endroit, on se repose et on dort. A 21h30. Bravo les championnes.

Le lendemain, on repart pour Mont Tremblant par un ciel tout blanc. Ayant eu le check out à 11h, on se retrouve avec nos gros sacs à dos pour toute la journée. Pas de rando en raquette cette fois-ci, on se demande quoi faire. Les chiens de traîneaux sont disponibles, mais il faut partir à 40km d’ici, sans possibilité de transport. C’est moche. 

Alors on vague, on erre comme des âmes perdues. On fait le tour du lac, on s’arrête devant le feu de bois pendant des heures, on se pose. On se rend aussi compte que la veille, au même endroit, se tenait un championnat international de ski. Sous nos yeux, sans qu’on ne le remarque. Encore une fois, bravo les championnes. 

Mine de rien, la journée passe vite quand on prend notre temps ! On embarque une dernière fois dans la navette-rallye-qui-va-on-ne-sait-où, et on attend notre autocar direction Montréal. On l’attend, sous la neige et le vent, sans pouvoir s’abriter nulle part. On l’attend, même quand il est là. C’est-à-dire que le chauffeur a décidé de nous faire poireauter dehors au lieu de nous faire entrer au chaud, juste pour le principe de respecter l’horaire. Merci Monsieur pour cette leçon d’humilité.

Notre weekend à Mont Tremblant : on reviendra !

 

weekend mont tremblant

Même si on était à pied, même si on a raté les bus, même si on a perdu nos doigts, nos poumons et nos dents, même si on a été les trekkeuses les plus lentes de l’univers, on reviendra ! Cette fois-ci avec plus de panache, un bazou, des Snickers fondants et on poussera tous ceux qui osent nous doubler en ski de fond. Paroles de maudites françaises !

Une réflexion sur “Un weekend à Mont Tremblant

  1. Ping : Pimbina Spa & Massage : un bnb à Mont Tremblant

Laisser un commentaire